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Chronique historique: 2 belles dynasties

05 septembre 2017

Le 16 septembre prochain, ou peut-être quelques jours avant, nous connaitrons le nom de l’équipe qui mettra la main sur le trophée Arthur E. Ford, emblème du championnat de la Ligue Can-Am. Les chances des Capitales de remporter ce précieux trophée pour une 7e fois sont excellentes. Les amateurs de baseball de la Vieille Capitale sont privilégiés dans ce domaine. Deux franchises sont devenues de véritables dynasties.

D’abord, de 1949 à 1955, notre ville est représentée par une formation qui porte le nom de Braves et qui est affiliée (quelques années) aux Braves de Boston, puis ceux de Milwaukee. Évoluant dans une première version de la ligue CANAM en 1949 et 1950, les Braves remportent le championnat lors de ces deux campagnes.

Puis l’année suivante, les franchises de Trois-Rivières et Québec décident de se joindre à la Ligue provinciale où ils évoluent jusqu’en 1955. Les Braves se distinguent, triomphant quatre fois de façons consécutives après avoir échappé le championnat en 1951.

Plusieurs éléments jouent un rôle significatif dans la conquête de ces 6 championnats en 7 ans. D’abord, l’implication des propriétaires. Le contracteur Ulysse Ste-Marie achète les Alouettes en 1948. L’équipe vient de terminer pour une troisième saison au dernier rang de la Ligue canado-américaine. L’arrivée de M. Ste-Marie est synonyme de nouvelle philosophie. Il souhaite gagner, et ce …, immédiatement.

Dans un premier temps, il change le nom de l’équipe et il réussit à convaincre Frank McCormick, un vétéran joueur vedette de la Ligue nationale de venir à Québec en tant que joueur-instructeur. La présence de McCormick jumelée à l’addition de quelques vétérans des ligues mineures propulse l’équipe vers le sommet du classement et un premier championnat.

Ste-Marie vend l’équipe au docteur Armand Bellemare, mais rien ne change au niveau du rendement de la formation. Plusieurs joueurs marquent l’histoire du baseball dans notre ville à cette époque. Les Hal Erickson, Butch Lawing, Moose Shetler, Roger McCardell  ou Ed Charles sont, pour les plus vieux amateurs, synonymes de succès.

Le retour du championnat à Québec

Il faut attendre un peu plus de 50 ans pour que Québec redevienne une ville championne dans le baseball professionnel. Encore une fois, le propriétaire de l’équipe y joue un rôle significatif. Au cours de l’hiver 2005-2006, Miles Wolff annonce la vente de l’équipe au groupe Genex Communications de l’homme d’affaires Patrice Demers. Après seulement quelques jours, la transaction est annulée et Wolff demeure propriétaire.

L’administration de l’équipe se remet au travail et réussit un coup d’éclat en embauchant le très réputé descripteur et ancienne « voix » des Expos, Jacques Doucet, pour travailler à la radio de l’équipe. Le travail et les efforts hors du terrain ne se transposent pas en victoire pour la formation. L’équipe termine la première moitié de la saison 2006 avec un dossier atroce de seulement 16 victoires contre 27 défaites.

Le gérant Michel Laplante, qui demeure optimiste malgré tout, va chercher quelques nouveaux joueurs pour compléter le calendrier. Ryan Lehr, T.J. Stanton, Ed Montague et J.C. Huguet notamment, se joignent à Eddie Lantigua et Gabe Ribas qui connaissent d’excellentes saisons. Les victoires s’accumulent maintenant, si bien que, les Capitales réussissent à se classer pour les séries éliminatoires. Ils disposent du Spirit de North Shore dans un premier temps et atteignent ainsi la finale où ils affrontent le Rox de Brockton.

Les hommes de Michel Laplante remportent les deux premiers matchs à Québec et ne sont plus qu’à un seul gain d’un premier championnat. Le voyage à Brockton se fait sous une pluie abondante.

Les Capitales échappent les deux parties suivantes et se retrouvent dans une cinquième et décisive rencontre. En ce dimanche après-midi, la température est magnifique au Massachusetts. Gabe Ribas revient en renfort pour une dernière partie, lui qui avait quitté l’équipe quelques semaines auparavant pour un autre emploi dans un nouveau domaine.  

La partie est âprement disputée et Ribas termine sa carrière de joueur en offrant une solide performance. L’excellent releveur, Christian Mendoza, vient fermer les livres et les Capitales concluent sur une note hollywoodienne cette saison pleine de rebondissements.

C’est quelques années plus tard, que la dynastie des Capitales prendra forme, alors qu’ils remportent cinq championnats d’affilés entre 2009 et 2013. Plusieurs joueurs s’illustrent au cours de cette période.

En 2009, l’arrivée d’Éric Gagné et de Pierre-Luc Laforest fait les manchettes dans le monde du sport partout en Amérique du Nord. Puis en 2010, c’est un premier titre pour le gérant Patrick Scalabrini. Une année où Karl Gélinas et Michel Simard furent excellents en séries.

Chaque saison, de nouvelles vedettes se distinguent. Pas facile d’en faire la nomenclature, car ils sont très nombreux, mais difficile d’oublier les Patrick Deschênes, Jeff Duda, Patrick D’Aoust, Josué Peley et Sébastien Boucher.

Les excellents amateurs de baseball de Québec seront-ils à nouveau récompensés avec une autre conquête du trophée Arthur E. Ford? À suivre…

Texte écrit par notre historien Daniel Papillon