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Chronique historique: Roger Ménard, un pionnier

23 juillet 2017

Le nom de Roger Ménard n’éveille probablement aucun souvenir pour la majorité des amateurs de baseball au Québec. Les plus vieux se rappelleront son séjour dans la ligue provinciale, notamment, avec Acton Vale ou encore de sa belle carrière dans le baseball junior avec Rosemont.

L’équipe de Rosemont aligne à l’époque, entre autres, Steve Oleschuck, Marcel Guilbeault et Russ Ayoub. Ces deux derniers, accompagneront Jean-Pierre Gauthier et Roger Ménard en camp d’entrainement des Dodgers à Vero Beach au printemps 1959.

Roger Ménard est un espoir à la position de receveur, lui qui, seulement quelques années auparavant, était un lanceur très dominant dans les « petites ligues ». Il a dû faire la transition comme receveur suite à un problème de bras.

Il faut remonter à 1952 pour apprécier le rôle de pionnier et même d’ambassadeur joué par le jeune Ménard.

À l’automne 1938, un américain de la Pennsylvanie, du nom de Carl Edwin Stotz, organise la première forme de ce qui deviendra les « Little League ». C’est donc au printemps suivant que s’amorce de façon très embryonnaire ce calibre de baseball.

Après des débuts modestes, l’engouement deviendra international. Si bien, qu’aujourd’hui, ce sont des quatre coins de la planète que l’on se réunit à Williamsport en Pennsylvanie, pour y jouer les « Little League  Baseball World Series ».

La première édition de ce grand tournoi a lieu en 1947; 12 équipes y participent, provenant toutes des États-Unis. C’est en 1952 qu’une première équipe  étrangère  se qualifie; elle est canadienne. C‘est une équipe d’étoiles de la région de Montréal qui nous représente et Roger Ménard est un des rares francophones dans l’alignement.

Au cours de la saison 1952, le jeune lanceur réussit 3 parties sans point ni coup sûr. L’équipe du Québec va à Portland, ME pour une première finale régionale et elle l’emporte 7 à 1 contre le New Hampshire. La prochaine étape se passe à Schenectady dans l’état de New York et encore une fois, nos représentants sortent vainqueurs.

La grande finale se tient donc à Williamsport du 25 au 28 août 1952. C’est l’organisation du tournoi qui fournit de nouveaux uniformes à nos champions et ils représentent dorénavant le Canada. Malheureusement, ils s’inclinent contre la formation de Hackensack, NJ. Il faut se rappeler que ce prestigieux tournoi aura eu, au fil des ans, des joueurs comme Roberto Alomar, Tom Seaver, Greg Maddux et Gary Carter.

Roger Ménard devient la coqueluche du tournoi lorsqu’il interprète, en français, devant les spectateurs, la chanson « Alouette gentille alouette ». Au retour de l’équipe, cette première participation est soulignée au Forum par Le Canadien, ainsi qu’à l’Hôtel de Ville de Montréal.

Texte écrit par Daniel Papillon, historien