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Les Cubs de Drummondville de 1949

08 juillet 2017

La saison unique des Cubs de Drummondville de 1949 est trop souvent oubliée dans l’histoire du baseball québécois et elle mérite d'être soulignée.

Les Cubs sont membres de la Ligue provinciale indépendante, une ligue dite hors la loi, qui opère en dehors du cadre du baseball organisé (tout comme la ligue Canam aujourd'hui).

Ce statut particulier, permet à la ligue d'attirer des joueurs de talent qui ont de la difficulté à se trouver une équipe. C'est le cas notamment des noirs et des latins. Il y a également ceux que l'on appelle les Mexican League Jumper.

En 1946, les frères Pasquel font signer des contrats forts lucratifs à plusieurs joueurs des ligues majeures et mineures. Parmi eux, trois Québécois, soit, Stan Bréard, Roland Gladu et Jean-Pierre Roy. Suite à cette razzia mexicaine, le commissaire du baseball, Happy Chandler, suspend pour une période de cinq ans les joueurs qui ont quitté.

L'expérience est de courte durée. Dès la deuxième saison, la majorité des  jumpers sont de retour au bercail, mais toujours sous l'effet d'une suspension. Ces joueurs ont donc très peu d'options. S'ils veulent continuer à pratiquer leur métier, ils doivent se trouver une équipe semi-professionnelle ou encore jouer dans une ligue indépendante.

La Ligue provinciale d'Albert Molini, réussit à mettre la main sur plusieurs d'entre eux pour la saison 1949. Ainsi, les Cubs de Drummondville alignent des joueurs tels que ; Max Lanier, Sal Maglie, Danny Gardella, Quincy Trouppe ou encore Vic Power.

Pas moins de huit joueurs de cette formation connaîtront l'expérience des ligues majeures. Certains avant, d'autres après leur séjour à Drummondville.

La vedette incontestée est le lanceur Max Lanier, le père de l'actuel gérant des Champions d’Ottawa, Hal Lanier. Avant d'opter pour le Mexique, Lanier connaît de bonnes saisons avec les Cardinals de St-Louis.

Il remporte notamment 15 victoires en 1943 et termine la saison avec une moyenne de points mérités impressionnante de 1,90. L'année suivante, toujours avec les Cards, il triomphe à 17 reprises.

À Drummondville, Lanier quitte avant la fin de saison suite à la décision du commissaire Chandler de réactiver les joueurs suspendus. Il avait eu le temps, néanmoins, de remporter 8 victoires contre seulement une défaite.

On retrouve une autre vedette au sein du personnel de lanceurs des Cubs, l'ancien porte-couleur des Giants de New York, Sal Maglie. Celui dont le surnom est le barbier (il a la réputation de lancer haut à l'intérieur) a une longue carrière dans les mineures avant de percer l'alignement New Yorkais en 1945 à l'âge de 28 ans.

Ses meilleures années sont d'ailleurs après son passage à Drummondville. Entre 1950 et 1952, il remporte 59 victoires, dont 23 en 1951, un sommet dans la Ligue nationale. Contrairement à Max Lanier, Maglie termine la saison à Drummondville et remporte 18 victoires.

Outre les lanceurs, certains joueurs de positions ont également une histoire intéressante. C'est le cas notamment du voltigeur Danny Gardella, qui lui, arrive à Drummondville en 1948. Gardella ne retient pas l'attention tant par ses performances (qui sont bonnes), mais bien par la poursuite qu'il a contre le baseball majeur.

Étant du nombre des joueurs suspendus pour cinq ans suite à leur exil au Mexique, Gardella conteste, soutenant que lui, n'a pas brisé son contrat avec les Giants, puisqu'il ne l'a pas renouvelé avant son départ. C'est la fameuse « clause de réserve » qui lie un joueur à son équipe même s'il n'a pas signé un nouveau contrat.

La cause qui ne connaît pas de dénouement juridique, se règle par une entente hors cour. De façon presque symbolique, Gardella fait un retour dans les majeures, mais ne joue qu'une seule partie. En 1951, il revient jouer au Québec dans la Ligue provinciale, mais cette fois avec Trois-Rivières.

Quincy Trouppe est un autre joueur de talent que l'on retrouve à Drummondville en 1949. Receveur de premier plan dans les « Negros Leagues » pendant plusieurs saisons. Frappeur ambidextre, il maintient régulièrement une moyenne supérieure à .300 en plus d'être puissant. Il participe à de nombreuses parties d'étoiles. En 1952, maintenant âgés de 39 ans, les Indians de Cleveland lui donnent la chance de jouer quelques parties avec eux.

Le joueur le plus talentueux de cette magnifique équipe est sans aucun doute le voltigeur/premier-but Victor Pellot. Ce dernier connaît une belle carrière de douze saisons dans les majeures. Jouant sous le nom de Vic Power, il participe à quatre parties d'étoiles et récolte 7 gants dorés comme premier-but.

Les Cubs de Drummondville concluent cette saison mémorable de la Ligue provinciale en remportant le championnat. Ils défont l'ultime rencontre de la finale, les Black Sox de Farnham 5 à 1. La victoire va au dossier de Sal the barber Maglie.