1946: Jackie Robinson à Montréal

27 mai 2016

Sans l’ombre d’un doute, l’année 1946 marque la fin d’une époque ou, peut être  plus, le début d’une autre, soit celle du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Depuis le milieu des années 1880, sans qu’aucun règlement ne l’interdise, les joueurs de race noire sont exclus du baseball organisé.

Confinés à jouer dans leurs propres ligues, plusieurs soulignent le fait que s’ils sont capables de combattre et même mourir pour défendre leur pays, ils devraient pouvoir également jouer dans le baseball organisé.

L’idée circule mais plusieurs magnats du baseball ne sont pas encore prêts, dont le très puissant commissaire de l’époque, le juge Kenesaw Mountain Landis. Toutefois, le décès de ce dernier, le 25 novembre 1944, devient une opportunité pour Branch Rickey, alors directeur gérant des Dodgers de Brooklyn, de faire avancer ce dossier.

Après avoir étudié attentivement pendant plusieurs mois les candidats possibles, son choix s’arrête sur Jack Roosevelt Robinson. Le 23 octobre 1945 Jackie Robinson signe un contrat historique avec les Royaux de Montréal, principal club ferme des Dodgers. À Montréal en 1946, Robinson et les Royaux connaissent beaucoup de succès dans un milieu beaucoup plus propice et disposé à l’intégration que le sud des États-Unis.

Robinson n’est toutefois pas le seul noir à réintégrer le baseball organisé cette même année. Le lanceur John Wright est également présent au camp des Royaux, mais il passera finalement la saison à Trois-Rivières dans la ligue Canado-américaine en compagnie d’un autre lanceur Roy Partlow.

À Sherbrooke, qui est membre de la ligue Border, Manny Mc Intyre connait une bonne saison avec les Canadiens. Enfin, deux futurs membres du Temple de la renommée, Don Newcombe et Roy Campanella s’illustrent avec Nashua, une autre équipe du réseau de filiales des Brooklyn.

Le Québec joue donc un rôle important dans l’intégration du baseball, permettant à ses joueurs de connaitre du succès sur le terrain, tout en les tenants à l’écart du ségrégationnisme beaucoup plus présent dans certaines parties du pays de l’Oncle Sam.

Le 15 avril 1947, Jackie Robinson amorce sa carrière dans la ligue Nationale avec les Dodgers. Branch Rickey a gagné son pari, mais pour Robinson la route s’annonce tout de même difficile. Il n’est pas le bienvenu même pour certains de ses coéquipiers. Ses succès et son endurance ouvriront les portes à la communauté afro-américaine, non seulement celles du baseball, mais aussi dans plusieurs autres domaines. Jackie Robinson devient un pionnier.

En avril dernier, 70 ans plus tard, le conseil de ville de Philadelphie votait une résolution s’excusant officiellement pour le racisme dont Robinson avait été victime lors de son passage dans la ville en 1947. Comme le dit le proverbe … vaut mieux tard que jamais.

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