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Frapper, c'est contagieux!

30 août 2021

par Maurice Dumas

Si on vous dit que frapper c’est contagieux dans le baseball, vous allez probablement conclure à un autre de ces nombreux clichés colportés dans le monde du sport. Galvaudée ou pas, cette croyance décrit l’irrésistible poussée d’Equipe Québec dans la division Atlantique de la Ligue Frontier.

Les protégés du gérant Patrick Scalabrini ont matraqué les lanceurs adverses comme c’est pas possible. Assez que certains de ces artilleurs souffrent sûrement d’insomnie juste à l’idée de les affronter. La série de 11 gains consécutifs des Bleus leur a permis de rattraper et de devancer les ValleyCats de Tri-City et les Boulders de New York. Ils ont marqué 111 points et frappé 164 coups sûrs pendant cette séquence d’invincibilité.

On trouve plusieurs explications à cette pétarade. Aucun des neuf frappeurs dans l’alignement offensif ne constitue un retrait facile. Les héros changent d’un match à l’autre et la production offensive ne dépend plus de trois ou quatre cogneurs.

L’arrivée de Gladu

L’entrée en scène du frappeur gaucher Raphaël Gladu lors du premier match local de la saison a modifié et amélioré le portrait de l’attaque des Fleurdelisés.  Inséré au quatrième rang des frappeurs, il a équilibré l’apport offensif et ajouté constance et puissance au marbre. Il cogne d’aplomb pas à peu près. Un vrai quatrième frappeur! Sa présence a permis à des coéquipiers d’occuper des rangs plus adaptés à leur potentiel offensif.

Louis-Philippe Pelletier, David Glaude et Jeffry Parra, les trois premiers cogneurs du rôle offensif, ne dérougissent pas depuis le commencement de la saison. Ils donnent le ton dès la première manche. Pelletier, une bougie d’allumage, se rend sur les buts et prend ensuite ses jambes à son cou pour se placer en position immédiate de compter. Glaude ou Parra le pousse ensuite au marbre. Glaude et Parra trônent parmi les meilleurs producteurs de points de la Frontier. Les deux peuvent également catapulter la balle de l’autre côté de la clôture.

Connor Panas et Jonathan Lacroix suivent Raphaël Gladu dans le coeur de l’alignement offensif. Panas possède une bonne expérience du baseball professionnel. Il connaît son rôle dans le rectangle des frappeurs et se manifeste dans les moments importants. Un joueur fiable avec un bâton dans les mains. Lacroix a traversé une période plus aride à la mi-saison, mais il s’est superbement repris depuis. Il a claqué de gros coups sûrs pour prolonger des séquences fructueuses des siens.

Le dernier tiers

Le dernier tiers de l’alignement fait sûrement des envieux parmi les formations rivales. Jesse Hodges, Ruben Castro et Gift Ngoepe ne donnent aucun répit à l’opposition. Déjà reconnu pour faire résonner son bâton en temps opportun, Hodges expédie plus souvent la balle en lieu sûr. Un cogneur redouté et redoutable!

Castro en est un autre qui ne décélère pas depuis le début du calendrier régulier. Il frappe avec régularité et affiche beaucoup de rapidité sur les buts. Un luxe de l’avoir dans le bas de l’alignement. Enfin, Ngoepe dérange l’adversaire de différentes façons. Si son gant demeure son pain et son beurre dans le baseball, son coup de bâton surprend plus souvent qu’autrement.

La troupe de Patrick Scalabrini s’est donc bien positionnée pour le championnat de la division Atlantique et une participation aux séries éliminatoires. Elle revient à domicile avec une fragile priorité d’un demi match devant les ValleyCats de Tri-City, des adversaires coriaces. Les Boulders de New York ont perdu beaucoup de terrain. Les quatre revers consécutifs contre les Bleus, la semaine dernière, leur ont donné un solide coup dans les reins.

Bien sûr, les prochains affrontements ne seront pas un pique-nique. Il faudra suer et souffrir pour accéder aux séries d’après-saison. On ne pourrait souhaiter une plus belle récompense aux joueurs, aux amateurs et aux dirigeants qui ont fait preuve d’ingéniosité et de ténacité pour sauver le baseball professionnel au Québec.