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Le parcours atypique de Scott Richmond

29 juillet 2019

Par Maurice Dumas

Si tu veux, tu peux! Scott Richmond s’est sans doute inspiré de cette célèbre citation pour faire son chemin et sa place dans un milieu aussi compétitif que le baseball. Il a atteint les ligues majeures grâce à son apprentissage de trois saisons dans le baseball indépendant à Edmonton suivi d’un très court séjour dans l’affilié. De quoi rendre son exploit plus méritoire et plus valorisant aux yeux des incrédules face aux circuits indépendants.

Personne ne pourra l’accuser d’avoir choisi la voie la plus facile pour caresser son rêve. «C’était plutôt unique comme parcours», raconte-t-il avec fierté et satisfaction.

À sa sortie des rangs collégiaux, il a disputé trois saisons dans le baseball indépendant à Edmonton. Personne d’autre ne manifestait de l’intérêt à son endroit. Il était alors victime des effets nocifs des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Les autorités américaines avaient par la suite réduit le nombre de visas pour les joueurs de baseball étrangers.

Au terme de sa troisième campagne à Edmonton, la route du baseball s’est ouverte toute grande pour Scott Richmond. Les événements se sont précipités à un point tel qu’il était promu au baseball majeur quelques mois plus tard.

«En novembre 2007, les Blue Jays de Toronto m’ont tout d’abord convié à un camp d’essai pour ensuite m’inviter à leur camp d’entraînement, débite-t-il. Quelques heures plus tard, j’étais recruté par l’équipe canadienne pour prendre part à la Classique mondiale de baseball. L’entrée en scène des dirigeants canadiens a probablement convaincu les Blue Jays à me faire parapher un contrat professionnel plutôt que se limiter à une invitation.»

Il a brièvement joué dans le baseball affilié, en 2008, pour graduer avec les Blue Jays, en juillet de la même année. Rares sont les joueurs qui passent presque directement du baseball indépendant aux circuits majeurs. Un parcours pour le moins atypique. Un parcours stimulant, devrait-on ajouter.

Le grand lanceur droitier a disputé toute la saison 2009 dans la Ville-Reine. Il a pris quelques tasses de café à Toronto par la suite tout en se promenant un peu partout sur la planète baseball. Il a foulé le sol d’une dizaine de pays dans différents calibres de jeu.

Ce vieux routier revient dans le baseball indépendant à Québec à sa 15e saison chez les pros. Il ne se joint pas aux Capitales pour boucler la boucle. Il revient pour poursuivre sa route vers son rêve olympique. Il vise une participation aux Jeux olympiques de Tokyo, l’an prochain. Des Jeux qui réhabiliteront le baseball comme sport olympique.

«J’ai pris part à de nombreuses compétitions internationales, mais je n’ai jamais représenté le Canada aux Jeux olympiques, regrette-t-il. A Londres en 2012 et à Rio de Janiero en 2016,  le baseball n’était qu’un sport de démonstration. Il redeviendra une discipline olympique au Japon. Il était temps si je veux réaliser mon rêve.»

Le Canada devra toutefois se qualifier pour le rendez-vous de 2020 au pays du soleil levant. La route sera longue, laborieuse et parsemée de nombreuses embûches. «Le défi n’en sera que plus ennivrant», s’enflamme l’artilleur droitier qui célébra bientôt ses 40 ans.

Un âge qui ne tourmente pas Patrick Scalabrini. «C’est un vrai guerrier sur la butte, soutient le gérant des Capitales. Il va nous donner plusieurs grosses manches.»

La venue à Québec de Scott Richmond s’avère un moment important dans sa carrière. Il arbore un uniforme canadien pour la première fois depuis ses années à Toronto. Le dénouement de ses pourparlers avec la formation québécoise le comble de diverses façons.

C’est le cas de le dire, Patrick Scalabrini l’avait à l’œil à distance et communiquait avec lui pour s’enquérir  de sa disponibilité et de ses projets d’avenir. «J’étais donc bien au courant de l’intérêt des Capitales à mon endroit et je suis entré en contact avec eux dès que l’ouverture s’est présentée, souligne-t-il. C’est une équipe bien dirigée dans un bel environnement de baseball.»

Marié et père de trois enfants, il se dit veinard de compter sur l’appui inconditionnel des membres de sa famille dans ses pérégrinations pour pratiquer son sport favori. «Ils m’ont toujours supporté, peu importe l’endroit visité, souligne-t-il. Nous avons vécu dans plusieurs pays et apprivoisé différentes cultures. A Québec, nous découvrons un nouveau milieu et une nouvelle langue. De quoi nous épanouir davantage.»

À n’en pas douter! Une grande ouverture d’esprit caractérise cette famille. Ses membres ne reculent devant aucun obstacle pour accroître leur savoir. Ils passent tout le mois de juin ensemble à Québec.

Sans pavoiser, Scott Richmond entend faire profiter les Capitales de sa vaste expérience et de son talent au monticule. Tout en gardant les yeux rivés sur les Jeux olympiques de 2020.

*Texte paru dans CapsMag, Saison 2019, Volume 2