Par Carl Tardif
Pour le voltigeur Chavez Young, tout commence par un merci. Un merci à la vie et au baseball, mais surtout à ses parents. Leur influence est partout dans sa manière de jouer, dans son attitude positive et dans son sourire qui ne le quitte jamais.
«Mes parents m’ont appris très jeune à être reconnaissant, à m’amuser et à profiter du moment. Peu importe où je vais, je veux être une lumière, un exemple. Je suis le reflet de mes parents. Je les apprécie énormément pour m’avoir discipliné et pour tout ce qui ressort naturellement de moi aujourd’hui. Je leur donne tout le mérite», dit-il d’une voix calme et respectueuse.
Et ça se voit, car Young pratique le baseball avec une liberté lumineuse qui en fait un joueur à la fois électrisant et apprécié de ses coéquipiers et des amateurs. Il n’est pas étonnant de constater qu’il a rapidement trouvé sa place avec les Capitales. Au moment de notre entretien, il menait d’ailleurs l’alignement avec une moyenne offensive supérieure à .350.
«L’organisation nous traite super bien, l’ambiance en ville est incroyable. Je suis heureux d’être à Québec. Je remercie Dieu de m’avoir donné la chance d’être un athlète professionnel, de vivre l’expérience de jouer au Canada et de continuer à me bâtir un beau parcours de vie.»
Vol du marbre historique
La carrière du joueur de 28 ans natif des Bahamas est déjà riche en expériences. Repêché par les Blue Jays de Toronto en 2016, il a gravi les échelons jusqu’au niveau AAA, qu’il a aussi atteint dans les filiales des Pirates de Pittsburgh et des Brewers de Milwaukee.
Mais pour lui, tout part des plages de Freeport, dans les Bahamas, où son père Clayton lui enseigne la rigueur de l’effort avant de le voir partir pour une école secondaire de la Floride à 15 ans.
«Il était vraiment dur avec moi. Il voulait que je m’entraîne pour être le meilleur, peu importe le sport. Je lui dois mon repêchage et je suis béni d’avoir développé des outils qui me permettent d’influencer un match de plusieurs façons», note celui dont la mère est décédée en 2019.
Il peut se démarquer avec son gant, son coup de bâton et ses jambes. En 2023, il est devenu le premier joueur de l’histoire de la Classique mondiale à réussir un vol du marbre. Celui qui portait les couleurs de la Grande-Bretagne partage aussi le record de trois buts volés dans un match à cette compétition.
Son exploit était aussi une déclaration à la grande famille du baseball. Une façon de dire qu’il pouvait aussi briller sur la grande scène.
À la porte des ligues majeures
Il est venu à un cheveu d’atteindre les ligues majeures, mais le hasard du baseball a fait en sorte que le détenteur d’une moyenne offensive de .253 et de 158 buts volés en huit saisons dans le baseball affilié (dont trois au niveau AAA) n’a pas pu franchir la porte y donnant accès.
J’étais vraiment proche. Et je le suis encore. Tant que tu as un uniforme et un numéro dans le dos, il y a une opportunité qui peut se présenter», ajoute celui qui voit son passage à Québec comme un tremplin, mais aussi un autre losange sur lequel il peut briller.
Il s’inspire de plusieurs anciens coéquipiers des Blue Jays ayant été développés avec lui dans les ligues mineures. Bien sûr, il a suivi avec intérêt la dernière Série mondiale où Toronto s’est incliné en sept matchs contre les Dodgers de Los Angeles.
«J’étais tellement heureux pour eux. Ils sont passés tout près, mais ils ont été extraordinaires pendant toutes les séries. J’avais une pensée pour des joueurs comme Davis Schneider, Alejandro Kirk et Addison Barger. Ils n’étaient pas de gros espoirs à la base, mais ce sont des superstars avec les Blue Jays. Je veux que les gens sachent qu’ils ont travaillé très fort pour en arriver là. Ils méritent tout ce qu’ils ont et je leur tire mon chapeau.»
Il en fait autant avec son nouveau coéquipier Kyle Crowl. Si tous ses contacts lui avaient dit qu’il allait adorer Québec avant d’accepter l’offre de Patrick Scalabrini, son admiration envers l’arrêt-court est sans limite.
«Kyle est la vraie définition d’un capitaine. Il nous prépare chaque jour pour les matchs, et il le fait même entre les manches. Il fait un travail incroyable. C’est lui qui m’a contacté pour venir jouer avec les Capitales, il a été une bénédiction pour moi, et il l’est pour toute l’organisation depuis longtemps. Il mérite son statut de capitaine. Il a un impact tellement positif sur l’équipe.»
Un fan de Cole Caufield
On peut désormais en dire autant pour Chavez Young, même lorsqu’il enfile un chandail du Lightning de Tampa Bay…
Il rigole en racontant le moment où il s’est présenté à une activité des Capitales en le portant en plein milieu de la série contre le Canadien.
«J’aime les chandails de hockey, mais je ne suis pas vraiment un fan. Lorsqu’on m’a vu avec le gilet, on m’a dit d’enlever ça tout de suite… En étant à Québec, j’ai suivi un peu plus le hockey pendant les séries et j’ai trouvé que le Canadien était vraiment “cool”. Il m’arrive d’essayer de frapper comme Cole Caufield pendant les pratiques au bâton. Un jour, j’irai sûrement voir un match à Montréal et je vais acheter son chandail, ce serait vraiment génial», promet celui qui, le jour de l’entrevue, s’était pointé au Stade Canac avec le chandail bleu de la ville floridienne où il habite, d’où notre intérêt à lui en parler.
Bref, il trouvera alors une autre façon de faire plaisir aux gens!

