Par Carl Tardif
Privé de sa puissance à son premier passage avec les Capitales en raison d’une vilaine blessure, la saison dernière, le premier-but David Mendham a retrouvé la santé et ses moyens depuis le début de la présente saison.
En fait, il s’avère l’une des plus agréables surprises du premier mois de la campagne, puisqu’il fait partie des meneurs de l’équipe dans plusieurs catégories offensives, comme la moyenne au bâton, les circuits, les points produits, les doubles, la moyenne de présence sur les buts et celle-ci jumelée au pourcentage de puissance. On peut dire qu’il est retombé sur ses pattes!
« L’an dernier, je me suis blessé à un genou. J’ai été absent un mois et demi avant d’arriver ici. Je n’ai pas pu m’entraîner ni même quasiment sortir de ma chambre pendant deux mois. J’essayais d’être compétitif, mais je jouais pratiquement sur une seule jambe. Je n’avais plus de force du tout. J’avais perdu la majorité de ma masse musculaire dans les jambes. Je faisais juste de mon mieux. »
Il a quand même conservé une moyenne offensive de ,361 en 18 matchs, sans toutefois être en mesure de se faire justice de façon régulière pendant les séries marquées par le quatrième championnat d’affilée des Capitales dans la Ligue Frontière.
Cette année, c’est tout le contraire. Sa moyenne au bâton de ,350 (au moment d’écrire ces lignes) est impressionnante, et sa puissance l’est tout autant.
Mais ce qui frappe, c’est la façon dont il s’est relevé. Pas de grands discours, pas de slogans. Juste du travail. « Je n’ai rien fait de particulier, à part de m’entraîner. J’essaie seulement de ne pas gaspiller de présences au bâton », explique-t-il.
Mais surtout, il pointe vers le plaisir d’évoluer dans un endroit qu’il décrit sans hésiter comme étant « le meilleur pour jouer dans la ligue ».
Il en parle avec un sourire contagieux. Le Stade Canac, les soirs d’été, les gradins pleins même sous la pluie, les partisans qui restent quand d’autres partiraient.
« Ils nous poussent dans les moments difficiles, c’est bruyant, c’est le fun », dit celui qui a connu les longs matchs où le corps proteste quand la saison s’étire et que l’énergie se fait plus rare. À Québec, il a trouvé un public qui lui redonne ce qu’il met sur le terrain.
Ainsi, revenir jouer pour une deuxième saison dans la cité de Champlain était une évidence pour le natif de Dorchester, une petite ville ontarienne située à 20 minutes de London, là où son père Dan a joué pendant 10 ans pour les Majors, un club de la Ligue Inter County.
« J’avais découvert la ville de Québec pour la première fois en 2024 lors du match des étoiles et j’avais adoré l’expérience. Lorsque j’ai été échangé aux Capitales par Evansville, j’étais très content », note le frappeur gaucher, qui n’a pas eu besoin qu’on le convainque de s’amener ici en vitesse.
Le numéro 36 est l’un des quelques joueurs de la formation de l’an dernier de retour pour une autre croisade. Il ne se perçoit pas comme un vétéran en mesure de guider ses nouveaux coéquipiers, mais plutôt comme une simple pièce d’un alignement bien équilibré.
« Ici, tout le monde se comporte en professionnel. Les gars apprennent vite en regardant comment les autres travaillent, comment Pat veut que les choses soient faites. C’est ce que j’ai fait l’an dernier, et c’est encore ainsi que ça se passe cette saison. »
David Mendham a goûté au championnat l’été dernier, et il aimerait bien répéter l’expérience. Il avait aussi savouré l’extase de la victoire ultime dans un collège junior aux États-Unis avant de boucler son parcours scolaire à Oklahoma State, où il a joué pendant deux ans en division 1 avant d’y être entraîneur adjoint pendant deux saisons. Il y a aussi connu deux campagnes de 11 et 14 circuits.
« Enseigner aux jeunes m’a appris à mieux comprendre le jeu, à le voir sous un angle différent. Tu apprends beaucoup en dirigeant de jeunes joueurs », raconte, sur un ton calme et réfléchi, le baseballeur de 26 ans, qui détient une maîtrise en gestion de loisirs et qui administre un centre d’entraînement de baseball au Kansas pendant l’hiver.
Aujourd’hui, il joue pour l’amour du sport, pour la compétition et pour l’envie de gagner. S’il obtient une chance à un niveau plus haut, tant mieux, car il s’agit du rêve de tout joueur de baseball. Mais cela ne l’empêche pas de savourer chaque journée passée sur le losange.
Et pour cela, Québec lui offre un environnement où il peut s’épanouir, performer et rêver à un autre titre.

