Par Carl Tardif
Portés par une attaque qui n’a laissé aucun répit à ses adversaires, les Capitales ont une fois de plus imposé leur loi dans la Ligue Frontière dans la saison régulière ayant pris fin, dimanche. Vos préférés n’ont pas seulement dominé le circuit qui changera de nom l’an prochain, ils l’ont carrément survolé.
Les soirs d’été se suivent et se ressemblent à Québec. Le soleil descend derrière les gradins du premier but, la terrasse du champ gauche s’anime et le Stade Canac se remplit. On sait alors ce qui s’en vient, les Capitales vont encore frapper fort. Au point où leur domination a souvent laissé leurs rivaux sans réponse.
À la fois explosive au bâton et échevelée au monticule, la dernière campagne a rappelé pourquoi les Capitales possèdent maintenant leur propre accent d’Amérique. D’un record à l’autre, l’édition 2026 est devenue la plus victorieuse de l’histoire de l’équipe et de celle de la Ligue Frontière.
Après l’avoir fait à la mi-saison, les collaborateurs des Capitales Pierre Blais, Maurice Dumas, Christian Gingras et Marc-André Lord ont encore accepté de me livrer leurs impressions sur une autre année marquée du sceau de l’excellence.
Joueur par excellence
Plusieurs joueurs ont eu leur mot à dire pour écrire ces nouvelles lettres de noblesse, mais dans ce décor, l’un d’eux a particulièrement sorti du lot. Il s’agit de Kyle Crowl, choix unanime pour le titre de joueur par excellence.
«Il est devenu l’un des plus grands joueurs de l’histoire de l’équipe», affirme Marc-André Lord, descripteur à la radio des Capitales et sur la même longueur d’onde que son collègue Pierre Blais sur ce sujet.
Avec 24 circuits et 102 points produits, personne ne peut en douter.
«Impossible de passer à côté d’une saison de plus de 100 pp, le deuxième plus haut total de l’histoire de l’équipe», rappelle le vénérable chroniqueur Maurice Dumas, témoin des 112 points produits d’Eddie Lantigua en 2005.
Le photographe Christian Gingras passe ses soirées sur le terrain et dans l’abri des joueurs pour illustrer ce qui se passe sous nos yeux. «Kyle est le catalyseur de l’équipe, celui par qui les bonnes choses arrivent», dit-il.
Joueur le plus populaire
Si Crowl a été le cœur de l’équipe, Chavez Young en a été l’étincelle.
On l’a vu sourire, saluer les partisans, danser entre les lancers. On l’a vu transformer un double en moment de fête, un but volé en habitude, un attrapé au champ en spectacle.
«Tout le monde est tombé sous son charme», note Lord.
«Il est impossible de ne pas aimer le baseball quand on le voit jouer», ajoute Gingras.
Le meilleur lanceur
Le personnel de lanceurs a parfois semé le doute dans les gradins. Il y a eu des soirées plus longues que prévu et des ajustements à faire, mais au milieu de tout ça, il y a aussi eu deux piliers.
«Braeden Allemann a été le pivot d’une rotation inférieure aux années précédentes», soutient Maurice Dumas à propos de l’auteur de 11 victoires et 125 retraits au bâton.
Christian Gingras parle d’une «valeur sûre» tandis que Marc‑André Lord prédit «que dans les séries, l’équipe ira où Braeden les mènera».
Le seul autre artilleur ayant reçu un vote a été le releveur Cooper Morgan, celui de Pierre Blais.
«Il a à peu près toujours été dominant et il a stabilisé les choses dans une saison où la relève n’a pas toujours été fiable», note-t-il en pointant vers le gaucher australien.
Mais il faut aussi en prendre et en laisser avec les problèmes au monticule, selon Gingras.
«Plus de la moitié des équipes de la ligue auraient échangé leur personnel de lanceurs contre le nôtre», glisse-t-il avec justesse.
L’année des recrues
Il y a des années où les recrues apprennent, et d’autres où elles transforment une équipe. La saison 2026 appartient à la deuxième catégorie.
Pierre Blais et Christian Gingras ont misé sur le Japonais Yuta Hamada, qui est devenu le chouchou de plusieurs de ses coéquipiers malgré la barrière de la langue, nous indique notre ami photographe.
Maurice Dumas a identifié le gaucher Cooper Morgan : «Morgan a été le lanceur le plus fiable pendant toute la saison», estime-t-il.
«Je n’ai jamais vu une saison qui avait autant de candidats. Yuta Hamada a démoli les lanceurs gauchers, Brandon Adams, Cooper Morgan et Rafael Perdomo ont impressionné sur le monticule», indique Marc-André Lord.
La surprise de l’année
Parmi les surprises de la dernière campagne, plusieurs candidats étaient sur le bulletin de vote :
Nicolas Deschamps, dont la production offensive a dépassé les attentes, selon Maurice.
Rafael Perdomo, pour sa combativité et son retour au jeu après deux blessures, selon Pierre.
Eddie Hacopian, le joueur sous-estimé des Capitales, estime Christian à propos de celui que Marc-André Lord surnomme affectueusement «la Bête».
Mais ce qui a le plus marqué celui-ci a été le retour avec les Capitales du lanceur Miguel Cienfuegos, arrivé de la filiale AAA des Padres de San Diego en fin de saison.
«Sa libération fut assurément une déception pour lui, mais pour nous, à Québec, quelle belle surprise. FUEGO !»
Au rythme des Capitales
Bref, les Capitales ont encore cogné plus fort que tout le monde en cette saison où Québec a remporté le championnat du calendrier régulier tout en imposant leur style, leur rythme et leur identité.
Une saison où la profondeur de l’organisation a été bien réelle et qui a confirmé, encore une fois, que dans la Ligue Frontière, les Capitales sont toujours l’équipe que tout le monde cherche à rattraper.
«Lorsqu’on pense que les Capitales ne seront pas aussi bons que la saison d’avant, ils réussissent encore à nous surprendre», rappelle Marc-André Lord.
Maintenant, place aux séries!

